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EQUAL SALARY

#MeToo, #TimesUp et #GenderPayGap

12 Nov 2018
Cet article a été présenté à la Fondation EQUAL-SALARY par Mary Farmer, journaliste économiste et experte en comportement organisationnel basée en Suisse.
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L’univers de la justice et de l’égalité entre les sexes a bénéficié cette année d’un soutien et d’une publicité sans précédents. Deux mouvements mondiaux, #MeToo et #TimesUp, ont créé un forum permettant aux femmes, à leurs défenseurs et à leurs allié-e-s de se faire entendre sur divers sujets – misogynie, agressions sexuelles, harcèlement sexuel, brimades, inégalités des sexes sur le lieu de travail. De récents débrayages roulants mondiaux chez le géant de la haute technologie Google, visant à protester contre les faveurs (y compris l’attribution de bonus) reçues par des cadres masculins accusés de harcèlement sexuel, ont mis en évidence que de tels comportements, ainsi que leur dissimulation par leurs supérieurs, n’allaient plus être tolérés.

Cette plus grande sensibilisation aux iniquités sur le lieu de travail a énormément favorisé le mouvement mondial pour l’égalité des salaires (Equal Pay). Parallèlement, le Fonds Économique Mondial estimait l’an passé qu’il faudrait 217 années pour voir disparaître la différence des salaires et des chances entre les femmes et les hommes si les organisations, entreprises et corporations régionales et mondiales, ainsi que les gouvernements, ne prenaient pas de nouvelles mesures.

Le mouvement Equal Pay, ou Gender Pay Gap (écart des salaires entre les femmes et les hommes), espère prendre rapidement de l’ampleur dans le sillage du succès de #MeToo et #TimesUp. Des femmes éminentes qui s’exprimaient récemment dans le magazine TIME ont parlé de « triple menace » pour les femmes sur le lieu de travail : les salaires, la nomination à des postes à responsabilités et les opportunités, dont l’équité doit être mise en place tout en assurant des environnements sûrs et équitables pour les femmes comme pour les hommes. CNN estime dans une étude réalisée cette année que jusqu’à 48 % des entreprises américaines révisent actuellement leurs politiques salariales, dont beaucoup à la suite de l’élan croissant créé par #MeToo.

Ici en Europe, Equal Pay a été défini comme une question commerciale, culturelle et sociale cruciale. Le puissant Lobby Européen des Femmes basé à Bruxelles a déclaré la première semaine de novembre (date à partir de laquelle les femmes vont travailler gratuitement jusqu’à la fin de l’année par rapport aux salaires de leurs homologues masculins) Equal Pay Day. On lui doit une sensibilisation croissante à la nécessité économique de combler l’écart des salaires entre les femmes et les hommes : un salaire moins élevé (représentant un manque à gagner estimé par les experts de la défense des femmes Women, Inc. à 300 000 € pour l’ensemble d’une carrière aux Pays-Bas) engendre une épargne-retraite moins importante, ainsi qu’une plus grande pauvreté féminine.

#genderpaygap va continuer d’attirer l’attention sur le problème systémique et pernicieux de l’écart de salaire entre les femmes et les hommes (bien plus important pour les femmes de couleur dans le monde que pour les femmes blanches), générant un dialogue indigné et continu, conduisant, tout comme #MeToo et #TimesUp, un changement rapide bousculant le statu quo. Combler cet écart constituera une priorité commerciale majeure pour de nombreuses industries, et défendre et adopter le changement ne sera pas (comme Google vient de le découvrir cette semaine) une simple « bonne chose » – mais une réelle nécessité pour assurer la survie de l’entreprise.

Cet article a été présenté à la Fondation EQUAL-SALARY par Mary Farmer, journaliste économiste et experte en comportement organisationnel basée en Suisse.

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