    
    {"id":15994,"date":"2024-07-31T07:00:43","date_gmt":"2024-07-31T05:00:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.equalsalary.org\/?p=15994"},"modified":"2024-07-31T09:33:43","modified_gmt":"2024-07-31T07:33:43","slug":"1er-aout-2024-10-ans-de-la-convention-distanbul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.equalsalary.org\/fr\/1er-aout-2024-10-ans-de-la-convention-distanbul\/","title":{"rendered":"Le 1er aout 2024 : 10 ans de la Convention d\u2019Istanbul"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une Suisse o\u00f9 les femmes et les filles peuvent vivre sans peur et sans violence s\u2019accorde parfaitement \u00e0 une f\u00eate nationale. La Convention d&rsquo;Istanbul, entr\u00e9e en vigueur il y a exactement 10 ans &#8211; le 1er ao\u00fbt 2014 &#8211; illustre ce que nous pouvons faire pour y parvenir.<\/strong><\/p>\n<p>Le th\u00e8me de la violence contre les femmes m&rsquo;a pr\u00e9occup\u00e9 d\u00e8s ma jeunesse. Je travaillais alors de nuit \u00e0 la \u00ab\u00a0Maison pour femmes battues\u00a0\u00bb de Fribourg. J&rsquo;y ai vu ce que cela signifiait lorsque des femmes devaient quitter pr\u00e9cipitamment leur foyer, souvent avec leurs enfants, \u00e0 cause de la violence de leur mari ou de leur partenaire.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de trente ans plus tard, en tant que conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale, j&rsquo;ai pu mettre en place quelques mesures pour mieux prot\u00e9ger les femmes contre la violence. J&rsquo;ai notamment demand\u00e9 aux Chambres f\u00e9d\u00e9rales d&rsquo;adh\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;un des principaux accords internationaux pour la protection des femmes contre la violence. Le Parlement a accept\u00e9 cette proposition.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0Convention d&rsquo;Istanbul\u00a0\u00bb est entr\u00e9e en vigueur le 1er ao\u00fbt 2014. Son objectif est de mettre fin \u00e0 la violence envers les femmes et les filles. Elle concerne toutes les formes de violence qui touchent exclusivement ou principalement les femmes. Le fait que cette date co\u00efncide avec notre f\u00eate nationale est un pur hasard. Mais l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une Suisse o\u00f9 les femmes et les filles peuvent vivre sans peur et sans violence s&rsquo;accorde parfaitement \u00e0 une f\u00eate nationale. La Convention d&rsquo;Istanbul montre ce que nous pouvons faire pour cela.<\/p>\n<p>Elle stipule que l&rsquo;on ne peut mettre fin \u00e0 la violence contre les femmes que si les femmes et les hommes sont \u00e9gaux en droit et en fait. Cette prise de conscience est cruciale : la violence contre les femmes est la cons\u00e9quence de la discrimination sociale \u00e0 leur \u00e9gard. Mais la violence contre les femmes est tout autant la cause de l&rsquo;inf\u00e9riorisation des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9. Cela signifie que <strong>la lutte contre la violence faite aux femmes est indissociable de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des sexes. Pour mettre fin \u00e0 la violence contre les femmes, c&rsquo;est l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 qui doit agir.<\/strong><\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0Convention d&rsquo;Istanbul\u00a0\u00bb s&rsquo;adresse donc aussi aux hommes et aux gar\u00e7ons. M\u00eame si la majorit\u00e9 des hommes et des gar\u00e7ons ne commettent pas de violence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des femmes, ils sont eux aussi invit\u00e9s \u00e0 apporter leur contribution. En d\u00e9non\u00e7ant publiquement la violence contre les femmes, en s&rsquo;opposant aux propos d\u00e9gradants sur les femmes et en ne se taisant pas. En remettant en question les rapports de force historiquement in\u00e9gaux entre femmes et hommes et en contribuant \u00e0 les surmonter. Mettre fin \u00e0 la violence contre les femmes est une t\u00e2che qui incombe aux femmes et aux hommes.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, 34 \u00c9tats se sont engag\u00e9s \u00e0 mettre en \u0153uvre la Convention d&rsquo;Istanbul. Depuis 2018, la Suisse en fait \u00e9galement partie. Notre pays a certes inscrit l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des sexes dans sa Constitution, mais il reste encore beaucoup \u00e0 faire dans sa mise en \u0153uvre concr\u00e8te. Le fait m\u00eame qu&rsquo;en Suisse, les femmes continuent de percevoir un salaire inf\u00e9rieur simplement parce qu&rsquo;elles sont des femmes montre \u00e0 quel point il est n\u00e9cessaire d&rsquo;agir.<\/p>\n<p>En tant que pr\u00e9sidente de la Fondation EQUAL-SALARY, je vois toutefois aussi des exemples positifs : des entrepreneuses et entrepreneurs qui v\u00e9rifient leur entreprise sur une base volontaire. Ils ne veulent pas seulement affirmer, mais aussi prouver que, chez eux, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 salariale est respect\u00e9e et que leurs employ\u00e9.e.s ont r\u00e9ellement les m\u00eames chances.<\/p>\n<p>L&rsquo;engagement pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des sexes ne contribue pas seulement \u00e0 une vie sans violence pour les femmes et les filles, mais il est tout aussi important lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9viter ou de r\u00e9soudre des conflits. La pr\u00e9sidente du CICR, Mirjana Spoljaric, dit \u00e0 ce sujet : \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas un hasard si la violence augmente l\u00e0 o\u00f9 les droits des femmes et des filles reculent. L\u00e0 o\u00f9 les conflits persistent, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des femmes et des filles est compromise.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est donc pas une bonne nouvelle que la Turquie ait d\u00e9cid\u00e9, il y a quelques ann\u00e9es, de se retirer de la \u00ab Convention d&rsquo;Istanbul \u00bb. Mais il y a aussi de bonnes nouvelles : le fait que la Suisse ait adapt\u00e9 son droit p\u00e9nal en mati\u00e8re sexuelle en raison de la Convention d&rsquo;Istanbul et prot\u00e8ge ainsi mieux les victimes n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple parmi d&rsquo;autres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une Suisse o\u00f9 les femmes et les filles peuvent vivre sans peur et sans violence s\u2019accorde parfaitement \u00e0 une f\u00eate nationale. 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